Lorsque j’ai rencontré Anthony, j’ai été — je dois bien l’admettre — déconcerté au premier abord par sa petite taille : Anthony mesure 1,15 m. Puis, nous nous sommes assis autour d’une table. Anthony a planté son regard dans le mien et j’ai été immédiatement subjugué par son discours, son humanité et la force de sa personnalité. Son apparence est alors devenue accessoire.
La découverte d’une réalité encore trop méconnue
À l’époque, je ne connaissais quasiment rien au handicap lié à la petite taille. Ma perception se résumait aux dandinements de Passe-Muraille et de Passe-Partout, les deux porteurs de clés du jeu télévisé Fort Boyard. Comme beaucoup, je pensais que les personnes de petite taille étaient simplement des hommes et des femmes dont la croissance s’était, pour une raison ou une autre, interrompue pendant l’enfance.
Je ne mesurais pas les souffrances physiques que peuvent supporter les personnes atteintes d’achondroplasie : déformations de la colonne vertébrale, contractures articulaires, scoliose, arthrose précoce, mais aussi, dans les cas les plus graves, compression de la moelle épinière et des racines nerveuses. Contrairement à d’autres handicaps immédiatement perceptibles, la petite taille reste souvent mal comprise par ceux qui n’y sont pas confrontés.
Une enfance et une adolescence marquées par les épreuves
Pour Anthony, cette réalité a marqué toute l’enfance et l’adolescence. Son parcours a été rythmé par de multiples interventions chirurgicales, parfois particulièrement risquées. À l’âge de 18 ans, à la suite d’une intervention au niveau des cervicales, il est même resté paralysé pendant plusieurs semaines. Ces épreuves auraient pu le conduire à renoncer. Elles ont, au contraire, contribué à forger l’homme qu’il est devenu. Car Anthony est un battant. Tout au long de sa vie, il a dû affronter les difficultés liées à son handicap : pendant sa scolarité, dans sa vie quotidienne et, comme tout un chacun, lorsqu’est venu le moment de rechercher un emploi. À chaque étape, il a fait preuve de courage et de résilience pour trouver sa place dans une société qui n’est pas toujours préparée à accueillir la différence.
Trouver sa place
Aujourd’hui, Anthony est patron de son propre magasin d’optique. Il est inséré dans le monde professionnel, mais il n’a rien oublié des difficultés qu’il a rencontrées. C’est pourquoi il poursuit son combat pour que les personnes de petite taille soient pleinement acceptées et reconnues dans notre société. Son engagement au sein de l’Association des personnes de petite taille (APPT), qui œuvre en faveur de leur reconnaissance et de leur intégration, en témoigne.
Un homme debout
J’ai eu le privilège, en collaboration avec Myriam Druart, d’accompagner Anthony dans la création de sa biographie. Comment je suis devenu petit ! ne véhicule pas un discours larmoyant sur la difficulté d’être une personne de petite taille. À travers son récit, c’est avant tout le parcours d’un homme qui refuse de se laisser définir par son handicap que le lecteur découvre.
Anthony Aubé est un homme debout. Un homme qui refuse d’être vu uniquement comme un handicapé qui n’aurait pas sa place dans notre société. Son histoire est celle d’un combat, mais aussi celle d’une volonté de vivre pleinement, de travailler, de construire et de transmettre, mais aussi d’aimer et d’être aimé. Pour vous en convaincre, je vous engage à lire son livre.
Comment je suis devenu petit ! est en vente au magasin d’optique Ta Vue Mes Lunettes à Contrexéville (88 140). Si vous n’avez pas la possibilité ou l’occasion de vous rendre dans les Vosges, vous pourrez également vous procurer la biographie d’Anthony sur la plateforme Amazon.