Pascal Nunigé : « Transmettre et partager mon histoire « 

Interview de Pascal Nunigé auteur du « Pimpfe » aux Dernières Nouvelles d’Alsace.

Transmettre et Partager

 

« J’avais atteint un âge où l’on ressent le besoin de faire un point sur sa vie », explique l’octogénaire, connu pour son implication dans la lutte contre le surendettement à travers l’association Crésus Alsace du Nord.

« L’envie de transmettre et de partager mon histoire s’est naturellement imposée à moi. Je pense avoir choisi le bon moment, celui où la mémoire est encore vive et la chronologie des événements toujours parfaitement claire dans mon esprit. »

Des souvenirs qu’il a couchés sur le papier puis mis en forme avec l’aide du biographe, Jean-Louis Milcent, installé à Monswiller. « Je souhaitais que mon récit soit rythmé et que le lecteur prenne plaisir à le lire. »

La Seconde Guerre mondiale occupe une part importante du livre, intitulé Le Pimpfe : « Le nom que les Nazis donnaient aux plus jeunes enfants enrôlés dans les Jeunesses hitlériennes ». Pascal Nunigé y raconte son enfance auprès de sa mère et de son père horticulteur qui finira par faire « une grosse bêtise » en s’engageant dans l’armée allemande.

« Pendant la guerre, mon frère aîné et moi avons dû suppléer à l’absence de notre père. C’est également une époque où nous avons été livrés à nous-mêmes et pendant laquelle nous avons vécu des aventures hors du commun et souvent dangereuses. Par la force des choses, nous avons été confrontés à des situations inattendues et nous avons dû y faire face. Nous sommes devenus adultes avant l’heure ; nous n’avions pas d’autre choix ! » L’auteur consacre un émouvant chapitre à la mort brutale de ce frère auprès duquel il s’est construit.

 

« L’injustice me révolte »

« Les accusations mensongères dont mon père a été la victime à la fin de la guerre m’ont profondément marqué et d’une manière plus générale, l’injustice me révolte », s’insurge Pascal Nunigé.

Une résistance qui a aussi influencé son parcours raconté dans le livre. Devenu premier clerc d’huissier de justice dans les années 40-50, le jeune homme a créé une officine de recouvrement de créances après son service militaire. Il est ensuite devenu adjoint de direction en gestion immobilière dans le Midi de la France pendant vingt ans.

À la retraite, il s’est engagé au sein de l’association Crésus Alsace du Nord dont il a quitté la présidence en 2016 tout en restant membre et administrateur. « Je connaissais bien le problème du surendettement pour avoir  croisé, au cours de ma carrière professionnelle, des personnes et des familles qui vivaient ce drame au quotidien. Aider et défendre des gens désemparés, leur faire reprendre confiance et leur permettre de remonter la pente est devenu mon combat contre ce que j’estime être une injustice sociale ».

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